28 avril 2026 –
Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail
Ce mardi, l’OIT publie son rapport mondial sur les risques psychosociaux au travail et la santé mentale. Le constat est sans appel : les RPS, risques psychosociaux, ne sont plus un sujet RH périphérique. C’est une crise à l’échelle mondiale. Avec des répercussions directes sur vos organisations.
Chez UPANDGO, nous travaillons chaque jour avec des équipes RH, des dirigeants et des managers pour transformer la prévention des RPS en actes concrets. Voici ce que ces chiffres signifient vraiment et ce que vous pouvez faire dès maintenant.
840 000 morts par an. Le chiffre que personne ne veut regarder en face.
Le rapport 2026 de l’OIT l’établit pour la première fois : les risques psychosociaux au travail sont responsables de plus de 840 000 décès annuels dans le monde. Principalement par maladies cardiovasculaires (784 000) directement liées au stress chronique et troubles de santé mentale (56 000).
Ce n’est pas un chiffre abstrait. C’est l’équivalent de la population de Marseille qui disparaît chaque année en lien direct avec les conditions de travail et la santé mentale des travailleurs.
À cela s’ajoutent 45 millions d’années de vie perdues chaque année. Des vies abîmées par les RPS. Raccourcies. Empêchées. Et un coût qui représente 1,37 % du PIB mondial.
Autres signaux d’alarme : 35 % des travailleurs dans le monde dépassent 48 heures de travail par semaine. Et 23 % ont subi au moins une forme de violence ou de harcèlement au cours de leur carrière, deux facteurs majeurs de dégradation de la santé mentale.
En France, la facture santé mentale s’alourdit chaque année.
Les données 2024 de l’Assurance Maladie sont précises. Et alarmantes.
Les maladies professionnelles psychiques ont augmenté de 9 % en un an. Elles ont plus que doublé depuis 2020 : de 840 à 1 805 cas reconnus. Près de trois quarts sont des dépressions — première manifestation de la dégradation de la santé mentale au travail.
Mais c’est la partie émergée de l’iceberg. En comptant les accidents du travail liés aux RPS et aux affections psychiques, ce sont près de 29 000 accidents reconnus en 2024; soit plus de 5 % de l’ensemble des AT.
Pour la première fois, les indemnités journalières AT/MP deviennent le premier poste de dépenses de la branche : 4,9 milliards d’euros en 2024, en hausse de 10,8 %.
79 millions de journées de travail perdues. En grande partie à cause des RPS et de leurs impacts sur la santé mentale des salariés. L’équivalent de plus de 334 000 emplois à temps plein évaporés.
L’absentéisme lié aux RPS : un cercle vicieux qui s’emballe.
Le baromètre Ayming 2025 est sans équivoque : les salariés français ont été malades 23,3 jours en 2024. Contre 12 jours en 2012. En douze ans, la durée d’absentéisme a presque doublé. La santé mentale en est l’un des principaux moteurs.
49 % des professionnels RH déclarent un absentéisme élevé ou très élevé. Et 55 % estiment ne pas avoir les bons indicateurs pour le réduire.
Le mécanisme est cruel : l’absence d’un collaborateur en arrêt pour RPS reporte la charge sur les autres. Cela dégrade le climat. Cela nourrit la démotivation. Cela génère de nouveaux risques psychosociaux. Un cercle vicieux que les politiques de contrôle des arrêts maladie ne suffiront jamais à briser.
Les affections de santé mentale représentent désormais la deuxième cause d’absentéisme en France (15 % des arrêts). Les causes ? Organisationnelles. Exigences du travail (34 %), management (25 %), rapports sociaux (23 %), conciliation vie pro/perso (19 %). Des causes sur lesquelles il est possible d’agir.
Ce que le numérique change et aggrave côté RPS.
Le rapport de l’OIT pointe un facteur que beaucoup sous-estiment encore : la charge mentale digitale, nouveau terrain d’expansion des risques psychosociaux.
Travail hybride, télétravail, nouvelles formes d’emploi. Les frontières entre vie professionnelle et personnelle s’effacent. La santé mentale des collaborateurs en paie le prix.
Messages hors heures de travail. Attentes floues sur la disponibilité. Surveillance des performances en temps réel. Prise de décision automatisée opaque. Autant de pratiques qui aggravent les RPS dans les organisations sans garde-fous.
Les années de vie perdues attribuables aux risques psychosociaux ont augmenté de 14 % entre 2019 et 2021. La pandémie et l’explosion du travail hybride ont clairement pesé sur la santé mentale collective.
Ce que les RPS coûtent concrètement à votre organisation.
4 000 € , c’est le coût annuel moyen de l’absentéisme par salarié (CNAM). Une grande partie est directement imputable aux RPS et à la dégradation de la santé mentale.
5 % des accidents du travail sont désormais liés à des affections psychiques ou des RPS.
Et une obligation légale non respectée expose l’employeur à des sanctions prud’homales, pénales et de réputation. L’article L.4121-1 du Code du travail est clair : la prévention des RPS fait partie de l’obligation générale de sécurité de l’employeur. La santé mentale des salariés est une responsabilité juridique.
La prévention des RPS : un investissement, pas une dépense.
L’Assurance Maladie a alloué en 2024 plus de 105 millions d’euros d’aides aux entreprises pour leurs démarches de prévention des risques psychosociaux. Les structures de moins de 50 salariés peuvent bénéficier d’une aide allant jusqu’à 25 000 €.
Le programme RPS de l’Assurance Maladie a accompagné une centaine d’établissements en 2024. Résultat : près d’un tiers ont réalisé une évaluation complète des risques de santé mentale en moins d’un an.
Ce n’est pas de la philanthropie. C’est du bon sens économique.
Ce que l’OIT recommande, et ce que nous faisons chez UPANDGO.
L’OIT identifie trois niveaux d’action prioritaires pour protéger la santé mentale au travail et réduire les RPS :
1. Le poste de travail.
Exigences, sens, variété des tâches, adéquation aux compétences. C’est là que se jouent les leviers de motivation et les premiers facteurs de RPS.
2. L’organisation du travail.
Clarté des rôles, autonomie, charge, soutien social, qualité du management. C’est souvent là que résident les causes profondes des risques psychosociaux.
3. Les politiques et pratiques.
Prévention du harcèlement, temps de travail, surveillance numérique, participation des travailleurs. Des leviers collectifs pour protéger la santé mentale de tous.
L’OIT est formelle : priorité aux mesures organisationnelles et collectives. Les mesures individuelles cellules d’écoute, applis bien-être peuvent soutenir la santé mentale des salariés. Mais elles ne remplacent pas l’action sur les causes profondes des RPS.
C’est exactement l’approche que nous défendons chez UPANDGO. Sensibiliser aux RPS, c’est nécessaire. Sensibiliser sans outiller les managers ni faire évoluer l’organisation, c’est insuffisant.
Notre collection RPS propose un parcours complet pour agir sur la santé mentale à tous les niveaux : modules microlearning SCORM accessibles sur tous supports, outils de régulation du stress validés scientifiquement, kit communication managers, et accompagnement par des experts en psychologie clinicienne.
Parce que la prévention des RPS n’est pas une case à cocher. C’est un investissement dans la santé mentale de vos équipes et dans la performance durable de votre organisation.
Pour aller plus loin
*Téléchargez notre livre blanc gratuit : « Prévention des RPS : de l’obligation légale à l’action concrète »
Cadre légal décrypté, guide pratique, 5 étapes pour agir sur les risques psychosociaux dans votre organisation.
**Sources : Rapport OIT 28 avril 2026 · Assurance Maladie Risques professionnels 2024 · Baromètre Ayming 2025 · Baromètre Malakoff Humanis 2025*
Mélina Herenger — UPANDGO | upgrading people *Learning digital · Conseil RH & RSE · Communication
Sensibilisation/E-learning






